Une lutte toujours à faire

On n’a pas à en douter, la libération de la femme est encore, dans une bonne mesure, une lutte toujours à faire. Ce n’est pas inopportun, déplacé, malvenu, saugrenu, d’appuyer cette libération sur des considérations philosophiques, dans ce qu’on nomme parfois « le temps long de l’histoire ».

Et c’est ici que nous aurons recours à une Française qui, dans son pays, s’avère être une voix importante, inspirante. Pourquoi pas?

La philosopĥe française, Geneviève Fraisse.

Une auteure de nombreux ouvrages Geneviève Fraisse est une philosophe française et historienne de la pensée féministe. Elle est née en 1948. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, ses travaux portent sur l’histoire de la controverse des sexes du point de vue épistémologique et politique.

Celle-ci disait un jour dans une entrevue : « la liberté des femmes est la mesure de la liberté d’une société en général ».

Dans son livre « La fabrique du féminisme », elle a écrit : « l’égalité, cela s’impose par des rapports de forces, par des voies, par des issues à des conflits, etc. mais de toute façon cela s’impose ».

Il faut le faire, Geneviève Fraisse a écrit un livre qui s’intitule « Les Excès du Genre » pour affirmer que « l’excès est inhérent à la pensée de la sexuation du monde et à la pratique de l’égalité des sexes. Le féminisme est par lui-même excessif, pour deux raisons simples : il parle de sexualités, il combat les inégalités. Il fait donc face à deux tabous; rien ne sert de le nier ».

La femme dans l’histoire

Dans un autre livre qui a pour titre « Le Privilège de Simone de Beauvoir », la philosophe soutient ceci : « Il n’y a aucune hésitation, nous sommes d’emblée installés dans l’histoire, l’histoire longue des femmes à la conquête collective du savoir et de toutes les jouissances singulières qui s’y attachent ». Elle y va aussi de ces mots : « Avoir la même raison que les hommes et vouloir s’en servir signale une capacité, un droit, mais aussi et surtout, une jouissance possible ».

Même qu’un de ses livres s’intitule carrément « Les femmes et leur histoire ». Elle dit : « Ce titre (…) se veut une figure singulière de l’histoire des femmes. Cette histoire fut oubliée, mal écrite par les siècles écoulés, dépréciée par ceux qui, depuis si longtemps, fabriquent le récit du passé : les hommes ».

« Appartenir à l’histoire, c’est imaginer sa possible transformation, un demain différent d’aujourd’hui »; « un homme ne commence jamais par se poser comme un individu d’un certain sexe : qu’il soit homme, cela va de soi ».

 

Par Réjean Martin