Visite forestière extraordinaire

Le Bulletin Mékinac a répondu présent l’autre jour à l’invitation de l’Association forestière Vallée du St-Maurice qui proposait de parcourir la «boucle des falaises» à Grandes-Piles, chez nous.

Guidés par Viviane Dallaire, nous étions une quinzaine à devoir, avec plaisir et détermination, marcher plus de trois heures dans des sentiers au cours desquels les renseignements n’ont jamais cessé de nous ravir, nous émerveiller.

Sachons d’abord que cette «boucle des falaises» à Grandes-Piles s’inscrit dans le grand sentier national Jacques-Buteux qu’on ambitionne de voir s’étendre d’est en ouest du Canada.

Madame Dallaire a rappelé que nous sommes au cœur du bouclier canadien si riche du point de vue hydraulique, minier et forestier. Puis, croisant d’abord un bouleau, on a noté que son bois est inodore et donc excellent pour être transformé en bâtons de popsicle!

Chez les pins, on distingue que le pin blanc voit ses aiguilles à faisceaux être regroupées par 5 et le pin rouge par 2. Enfin, les aiguilles du pin gris sont beaucoup plus courtes.

Les pins rouges, principalement, furent abondamment coupés au début du 19e siècle et servirent alors à l’industrie maritime britannique. Aujourd’hui, les poteaux de bois sur nos routes sont souvent de cette espèce.

Pour leur part, les sinus des feuilles des érables à sucre seront arrondis et prendront une teinte jaune à l’automne.

Et quel est le nom commun donné à l’érable rouge ? La «plaine».

D’autre part, on verra dans le cèdre qui se dégrade des trous percés par les pique-bois et qui servent à des compagnons de la forêt comme l’écureuil ou même le faucon pèlerin qui y fait son nid.

De même on appréciera de rencontrer l’if qui contient le précieux taxol que l’entreprise de Saint-Tite, Biothec, s’emploie à extraire.

Au haut de la falaise, à 1000 pieds d’altitude, on sera non seulement enchantés du point de vue mais on apprendra qu’un certain monsieur Guy Pronovost protège celle-ci en quelque sorte et qu’on peut y voir une affiche indiquant la délimitation de la «Réserve naturelle de l’envol» dont l’accès est interdit.

visiteforestiere_nov2015On croisera également sur nos sentiers le bouleau jaune (que d’autres appellent le merisier) qui, sachons-le, constitue l’arbre emblème du Québec. Sa sève a le goût de peppermint, apprend-on. Son bois est entre autres utilisé pour modeler les sabots du métro de Montréal afin que les freinages soient moins bruyants. Enfin, de très récentes recherches réalisées à l’Université Laval révèlent que les propriétés antioxydantes de sa sève sont indéniables, même qu’on pourrait l’utiliser pour dissoudre les graisses. À suivre!

À un moment donné, on verra aussi non loin une éclaircie. Il s’agissait d’une grande zone où a été effectuée une coupe de bois dite CPRS qui signifie «coupe avec protection de la régénération et des sols». Par exemple, on est soucieux, bien sûr, des dangers d’érosion des sols et de la régénération.

L’Association forestière Vallée du St-Maurice est un organisme à but non lucratif axé sur trois volets : éducation des jeunes aux valeurs du milieu forestier et du développement durable des forêts; promotion de l’utilisation rationnelle et de l’aménagement intégré des ressources du milieu via le transfert de connaissances et sensibilisation du public, des jeunes et des intervenants à l’importance de la forêt via les visites forestières.