Appel à la « déstigmatisation »

Faites partie de la solution ! Voilà le message que lance le Collectif d’Action Communautaire en Santé Mentale du Centre-de-la-Mauricie/Mékinac dans le cadre de la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales qui se tient en ce moment et jusqu’à samedi 7 octobre.

nise Rivard du Centre Prévention Suicide (CPS) Centre-de-la-Mauricie, Mékinac; Jonathan Lacasse du Périscope) et Lorraine Lemay du Phénix.

Denise Rivard du Centre Prévention Suicide (CPS) Centre-de-la-Mauricie, Mékinac; Jonathan Lacasse du Périscope et Lorraine Lemay du Phénix.

Le Collectif est une initiative regroupant trois acteurs communautaires de premier plan en santé mentale : Le Phénix, entraide et centre de jour en santé mentale; Le Périscope, association des familles et des proches des personnes atteintes de maladies mentales et le Centre de prévention suicide (CPS).

Le Collectif invite l’ensemble de la population à prendre part à ce qu’on appelle la « déstigmatisation » face à la maladie mentale qui signifie que nous sommes tous et toutes invités à jouer un rôle dans le rétablissement des personnes vivant avec un problème de la sorte.

Apprendre à vivre avec la maladie: le choc des préjugés

Une chose doit être intégrée au sein de la population : c’est que malgré la croyance populaire, les personnes atteintes par la maladie s’avèrent être les premières à se mobiliser dans leur processus de rétablissement; cela dans les différentes sphères de leur vie et ce, malgré les blessures que laissent les préjugés.

Ça signifie en clair qu’en plus d’apprendre à vivre avec le diagnostic, ces personnes doivent tenter de supporter le poids du regard des autres si ce n’est les propos malveillants qu’elles entendent. Songeons à cet inconfort, cette peur ni plus ni moins.

Et dire, pourtant, que seulement 3% des actes violents recensés dans notre société sont commis par des personnes atteintes de maladie mentale selon la chercheuse au département de psychiatrie de l’université McGill, Anne Crocker.

Alors, c’est à chacune et chacun d’entre nous de porter aux autres un regard différent, plus humain et rempli de dignité. Gardons en tête que les préjugés véhiculés dans notre société peuvent réfréner l’utilisation des services communautaires par crainte d’être étiquetés.

« Le Phénix m’a aidé à sortir de l’isolement, m’a aidé à me faire des amis et à surmonter ma gêne », relate Nathalie, membre du Phénix, entraide et centre de jour en santé  mentale du Centre Mauricie/Mékinac.

Des familles et des proches déroutées face à la maladie mentale

Une personne sur cinq sera atteinte d’un problème de santé mentale au cours de sa vie. Face à la maladie mentale, les familles vivent un stress qui peut devenir insoutenable. Le stress chronique vécu par les familles ainsi que les exigences pratiques de la prise en charge d’une personne atteinte peuvent avoir un impact significatif sur leur vie quotidienne, leur santé, leurs relations sociales et familiales, leur carrière et parfois même sur leur situation financière.

Les membres de l’entourage sont l’une des clés du rétablissement de leur proche atteint. Ils ne doivent pas hésiter à demander le support nécessaire pour surmonter les défis.

« Quand je suis arrivée ici, au Périscope, j’étais désemparée. Grâce à l’aide reçue, j’ai appris, petit à petit, à mieux composer avec la maladie mentale de mon fils. Je comprends mieux sa réalité et notre relation ne s’en porte que mieux. Aujourd’hui, je fais partie de la solution et je l’accompagne dans son rétablissement», explique Madeleine, membre du Périscope, association des familles et des proches de la personne atteinte de maladie mentale du Centre-de-la-Mauricie/Mékinac.

Faire partie de la solution en prévention suicide

Avant de poser un geste suicidaire, une personne essaye tous les moyens qu’elle connaît pour diminuer sa souffrance et régler ses difficultés. Moins ses moyens fonctionnent, plus l’idée du suicide commence à prendre place. Cette situation renvoie à l’image d’une personne qui entre dans un tunnel : plus elle avance, moins il y a de lumière. La personne n’entrevoit pas la façon d’arrêter la souffrance, qui est devenue intolérable.

Le processus suicidaire est cependant réversible, c’est-à-dire que lorsqu’une personne trouve une solution à ses problèmes, elle diminue sa souffrance. Par conséquent, ses idées suicidaires sont de moins en moins présentes.

« Suite à mes idées suicidaires, j’ai eu les contacts avec l’intervenante et il n’y a pas eu de jugement, ni de rejet même en lui disant mon diagnostic de maladie mentale. Quand j’appelle le Centre, je sens que je suis importante à chaque appel. Présentement je suis en convalescence et le CPS m’a offert des relances que j’apprécie en attendant que je sois apte à me rendre à mon rendez-vous au bureau du CPS. On me prend où je suis au moment de la relance ou du suivi. J’ai pu accéder aux service du CPS très rapidement » mentionne Josée, personne utilisatrice des services du Centre Prévention Suicide (CPS) Centre-de-la- Mauricie, Mékinac.

Une demande en croissance pour les services communautaires en santé mentale

Pour le Centre-de-la-Mauricie et Mékinac, les organismes du Collectif ont répondu, pour l’année 2016-2017, à près de 2 000 demandes, une donnée qui est en constante croissance. Ces organismes sont des ressources d’aide reconnue par le ministère de la Santé et des Services Sociaux. D’ailleurs, les intervenants de ces ressources travaillent en étroite collaboration avec les établissements du CIUSSS Mauricie- Centre-du-Québec afin que les personnes atteintes et les familles touchées reçoivent l’aide dont elles ont réellement besoin.

Unis pour la cause Le Collectif croit en l’importance de développer des liens étroits entre les organismes communautaires en santé mentale afin d’assurer un continuum de services professionnels au sein de la population.

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