Des questions en vue des élections

Dans son édition de septembre dernier, le Bulletin de Mékinac a pensé, en vue des élections, poser des questions à nos maires des localités de la MRC. Voici quelles étaient lesdites questions:

  1. Quels sont les projets, les dossiers, qui vous préoccupent sur le territoire de votre municipalité et auxquels vous croyez pouvoir obtenir des engagements de la part des principaux candidats ou candidates qui se présentent dans votre circonscription?
  1. De quel type de gouvernement le Québec a-t-il besoin au cours des prochaines années en regard de ce qui s’est fait dernièrement par exemple dans le domaine de la réorganisation municipale avec les pouvoirs conférés aux MRC et la disparition de la Conférence régionale des élus (CRÉ)?
  1. Comment voyez-vous le rôle de l’État par exemple dans les dossiers de développement économique local? Des services à la population ? Santé, éducation, environnement, lutte à la pauvreté ? Est-ce que le gouvernement en fait suffisamment? En fait-il trop? Travaille-t-il de la bonne manière? Est- ce que tout ça vous préoccupe et est-ce que ça pourra faire partie des échanges que, forcément, vous aurez l’occasion d’avoir avec les candidats ou candidates au cours de la campagne électorale?

Lucien Mongrain

Lucien Mongrain, maire de Trois-Rives nous a d’abord raconté avoir rencontré récemment le député de Saint-Maurice et candidat pour le Parti libéral dans la circonscription regroupée de Saint-Maurice-Laviolette, Pierre Giguère. Pour lui dire quoi? Que sa localité a été bien servie par celle qui était là auparavant, la députée et ministre Julie Boulet. Quant aux priorités à venir, le maire de Trois- Rives ne voit pas autre chose que le service de téléphonie cellulaire et Internet haute vitesse. Celui-ci a eu, plus tôt au mois d’août, l’occasion d’en parler avec le nouveau ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, François- Philippe Champagne, député de Saint- Maurice-Champlain. « J’ai appris à avoir de la patience », déclare avec un sourire dans la voix celui qui est à la tête de sa municipalité depuis 1996. Enfin, quant aux structures de développement mises en place par le gouvernement sortant, Lucien Mongrain se contente de constater que personne ne fait de miracles et qu’une recette équivaut souvent à une autre.

Notons qu’en matière de téléphonie cellulaire et Internet haute vitesse, il y a des programmes qu’on souhaite voir s’accélérer pour la bonne et simple raison de sou- tenir par exemple le télé-travail et œuvrer par le fait même à la rétention des jeunes.

Guy Dessureault

Pour sa part, le maire de Saint-Roch-de-Mékinac, Guy Dessureault, n’y va pas par quatre chemins : « la CAQ, je ne veux pas les voir ici; ce sont des pelleteux de nuages, des menteurs, des incompétents, dit-il. Sonia Lebel, leur candidate-vedette dans Champlain, n’habite même pas la circonscription ». Enfin, Guy Dessureault voit avec satisfaction les réalisations récentes du gouvernement sortant dans sa localité : les investissements au camping Saint-Roch-de-Mékinac ainsi que les travaux routiers de la 55.

Le maire de Sainte-Thècle, Alain Vallée.

À Sainte-Thècle, le maire Alain Vallée identifie des rues à refaire avec l’aide gouvernementale dans le prochain mandat : la rue Saint-Jacques et la rue Notre-Dame. D’autre part, le maire de Sainte-Thècle voudrait que la portion de la route 352 chez lui soit reprise par le ministère des Transports afin de lui assurer, surtout l’hiver, un entretien adéquat. De même, monsieur Vallée souhaite que les dossiers relevant de la CPTAQ (Commission de protection du territoire agricole du Québec) deviennent moins lourds à gérer et enfin, au point de vue de l’administration régionale, après la disparition de la Conférence régionale des élus, le maire de Sainte-Thècle ne voit pas pourquoi on ne reconnaîtrait pas la table des préfets comme une instance décisionnelle régionale importante.

Bernard Thompson

Pour sa part, le maire d’Hérouxville et préfet de la MRC, Bernard Thompson déclare que l’accessibilité à la fibre optique et au cellulaire est un enjeu de taille « si nous voulons, dit-il, attirer les entrepreneurs, les jeunes familles et jeunes travailleurs, chez nous, en région. L’exode des jeunes et le vieillissement de la population nous indiquent que le gouvernement doit décentraliser ses services afin de revitaliser les régions. Le concept de gérance de proximité devrait inclure une telle politique afin d’assurer la survie des régions. Aussi, les grandes entreprises devront assumer leur rôle de citoyen corporatif en emboîtant le pas et créant de l’emploi en région ». Par ailleurs, à la question de quel type de gouvernement le Québec a-t-il besoin ? Bernard Thompson soutient ceci : « Si le gouvernement a accordé aux municipalités plus d’autonomie via le principe de gérance de proximité, il est clair que les bottines doivent suivre les babines. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Plusieurs lois ont été adoptées sans tenir compte de leur impact réel lorsqu’on prend connaissance de la règlementation tardive qui les accompagne. Les procédures sont aussi plus complexes et les interventions auprès des ministères tel les Affaires municipales plus fréquentes qu’avant la loi 122. Quant à la concertation régionale, en absence de la CRÉ, il est certain que les enjeux sont devenus plus politiques, nous n’avons qu’à penser au FARR dont l’approbation des dossiers est beaucoup trop politisée. Il est également plus difficile de concerter les efforts de chaque organisation liée aux ententes sectorielles (Consortium en développement social, PDAAM, Pôle d’économie sociale etc.) Enfin, quant au rôle de l’état, l’homme a ceci à dire :

« Les gouvernements depuis une trentaine d’années n’ont jamais vraiment ciblé le problème réel : l’efficience. Peu importe la structure qu’on adopte, si on ne tient pas compte du facteur d’efficience, on ne fait que des réformes successives qui ne règlent aucun enjeu. Par exemple, pourquoi le CIUSS-MCQ a-t-il besoin aujourd’hui d’une centaine de secrétaires en Mauricie alors que l’objectif est de soigner et non amasser des statistiques de gestion qui ne servent qu’à donner bonne conscience aux décideurs politiques ? Quand on gère par statistiques et chiffres, on s’éloigne de l’objectif. Jamais dans l’histoire du Québec, on a vu les récents gouvernements autant diriger à l’image d’un capitalisme outrancier. On capitalise les besoins citoyens au lieu de les considérer à leur juste valeur et les combler. Un parti politique devra bien réaliser que nous ne créons pas de richesse collective et c’est là un enjeu de taille. L’informatisation en milieu hospitalier en est un excellent exemple. On perpétue la déficience au lieu de privilégier l’efficience ».

Michel Germain

À Grandes-Piles, le maire Michel Germain est catégorique : la couverture cellulaire est essentielle pour sa localité, son village, qui vit du tourisme. « Là, on se trouve comme dans un autre temps », image-t-il. Par ailleurs, monsieur Germain voudrait bien que le supposé virage vers des gouvernements de proximité (voir municipalités) s’accompagne des sous, de l’argent, que celui-ci amène. Il rappelle que c’est là une demande traditionnelle de la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Enfin, siégeant au comité de développement économique de la MRC, Michel Germain assure qu’on a enfin adopté la bonne façon de faire depuis peu et donc, qu’on tient un bon filon.

Yvon Bourassa

À Lac-aux-Sables, Yvon Bourassa identifie également le service de téléphonie cellulaire et Internet haute vitesse comme des choses essentielles de nos jours bien que sa localité, au village, soit bien desservie d’ores et déjà. D’autre part, le maire de Lac-aux-Sables voudrait que des travaux de réfection du quai soient faits; qu’il évalue à 200 000 $. De même, à l’égard des investissements, il est question présentement dans cette localité de l’achat et de la mise aux normes d’une route de contournement qu’a commencé à faire un promoteur privé et qui exigerait un coût d’environ 400 000 $ qu’il faudrait soutirer des gouvernements supérieurs. On sait que cette route, si elle ouvrait, permettrait d’éviter aux automobilistes en direction, par exemple, de Lac à la Roche, Petit lac à la Roche et Lac Bédard d’emprunter le Chemin Sainte-Marie, en bordure du lac, qui est décidément trop achalandé. Enfin, Yvon Bourassa croit que si les gouvernements sont sérieux quand ils parlent de donner du pouvoir à la gouvernance de proximité, ils doivent par exemple permettre sans trop de difficulté qu’on alloue des contrats à la pièce pour des travaux d’ensemble afin de favoriser les petits entrepreneurs locaux et, cela, sans trop de contraintes administratives.

À Notre-Dame-de-Montauban, le maire se montre catégorique : « pas de développement sans qu’on ait la téléphonie cellulaire et Internet haute vitesse »! Serge Deraspe convient que sa localité compte des paysages idylliques mais déclare: «on envoie des robots sur la planète Mars mais on n’est pas capables de se connecter entre nous; les gouvernements doivent compenser ce que ne font pas les entreprises faute de densité de population. Imaginez si les régions n’existaient pas »!

Même discours chez Paul Labranche de Saint-Adelphe. Le maire déclare : « c’est la téléphonie cellulaire et Internet haute vitesse sans quoi on ferme les régions ». Celui-ci nous apprend en outre qu’il y a même cinq ou six résidences saisonnières dans un rang de sa localité menant à Saint-Stanislas où on n’a même pas l’électricité parce qu’Hydro-Québec refuse d’y investir les sommes nécessaires. Quant à la gouvernance régionale, le maire de Saint-Adelphe voit peu de progrès au cours des années passées parce qu’on n’a pas réellement transféré les pouvoirs, par exemple aux MRC, qui doivent encore et toujours demander des permissions pour tout et rien et, qui plus est, constatent que les ministères ne se parlent pas entre eux. « La Conférence régionale des élus (la CRÉ) qui est maintenant abolie, c’était quand même une bonne table, déclare le maire. Une tribune pour les enjeux régionaux. La Mauricie qui est bien située sur la carte du Québec est pourtant bien loin derrière d’autres régions; ce n’est pas concevable. Les gouvernements doivent davantage faire confiance aux régions ».

NDLR : Nos lectrices et lecteurs constateront que n’ont pas, ici, été interviewées les mairesses Annie Pronovost de Saint-Tite et Julie Trépanier de Saint-Séverin. La première était en vacances à l’extérieur du pays au moment de la production de ce reportage et la deuxième était en arrêt de travail.