Claude Beaulieu nous dit au revoir

Claude Beaulieu MRC Mékinac

Le mercredi 13 mars dernier, la séance des membres du Conseil des maires de la MRC avait une connotation particulière. Pourquoi? C’est qu’il s’agissait de la dernière séance au sein de laquelle officiait le directeur général de la MRC, M. Claude Beaulieu qui prend sa retraite.

Les mots d’appréciation furent alors nombreux.On a chaudement applaudi tout le travail réalisé par cet homme qui, bien que partant avec le sentiment du devoir accompli, pose diverses constations, exprime une variété d’opinions que nous avons recueillies en détail lors d’une longue entrevue deux jours plus tard.

Détenant un baccalauréat en urbanisme, Claude Beaulieu entre à la MRC de Mékinac en août 1983. Il en devient formellement directeur général le 15 mai 1988. Il rappelle avec admiration les longues années de travail passées au côté du préfet et maire, alors, de Notre-Dame-de-Montauban, M. Jules Paquin, dont il vante la vigueur, l’envergure, ainsi que M. Lucien Mongrain qui était le préfet-suppléant, son bras droit. Au nombre des réalisations majeures auxquelles il a grandement contribué, figure le pont de la Matawin qui, indique-t-il, a coûté 3,6 M$ alors que les prévisions le chiffrait à 4,2 M$.

En fait, ce serait là une des caractéristiques dont se vante Claude Beaulieu: «couper les cennes en quatre», image-t-il, c’est-à-dire avoir horreur des dépassements de coûts.

OBSERVATIONS

Mais ce qui turlupine notre homme au moment de mettre fin à sa longue carrière, c’est le lourd fonctionnement de nos administrations. Il a, tout au court de ces années, été continuellement renversé de voir l’appareil gouvernemental surchargé refuser obstinément de faire confiance aux élus et, d’autre part, exiger un nombre toujours trop considérable de signatures de l’un et de l’autre pour approuver les moindres changements, projets, règlements et autres.

«La machine est difficile à faire tourner; les élus le constatent à tous les paliers», résume-t-il non sans s’en prendre également aux difficultés de voir naître des guichets uniques de service qui permettraient aux citoyens ainsi qu’aux organisations d’éviter d’avoir  à répéter leurs demandes, de ne pas avoir à réitérer leurs requêtes. «Je me souviens, dit-il, qu’un jour, au temps de M. Martin Cauchon, j’avais fait partie d’un petit groupe de personnes à qui ce ministre fédéral avait accordé une heure de son temps avec la promesse de réformer l’appareil mais en vain».

AUTRES DOSSIERS

Quoi qu’il en soit, Claude Beaulieu demeure serein quand il songe, par exemple, à l’établissement du parc industriel régional qui avait nécessité l’examen de pas moins de 40 sites puis des représentations auprès de la Commission de protection du territoire agricole devant qui il n’était pas question de se présenter sans arguments solides, sans une nette transparence. Encore une fois ici, notre homme s’enorgueillit d’un fort maigre dépassement de coût de 3000 $ par rapport à un projet d’un million.

AUJOURD’HUI

Et aujourd’hui, force est de constater les limites d’épanouissement de la MRC de Mékinac, un milieu un peu défavorisé où l’on constate le vieillissement de la population.Mais on trouve rapidement à se consoler en voyant la capacité d’accueil de nos gens qui souvent ne sont pas spécifiquement des natifs mais de nouveaux arrivants venus s’y établir en raison du caractère attractif de l’endroit et de la chaleur de l’accueil. Ce qu’il voit avec les industriels, par exemple, de Xylo-Carbone et d’Aliksir de Lucie Mainguy, ainsi qu’avec les commerçants comme Stéphanie Marineau de Grano-Vrac à Sainte-Thècle.

Claude Beaulieu salue également les initiatives collectives qui ont permis de faire naître une surface fort achalandée de Dek Hockey au parc Saint-Jean de Sainte-Thècle. Autrement, l’administrateur en lui prône sans mystère qu’une MRC comme celle de Mékinac ne devrait faire qu’une; c’est-à-dire embrasser la formule «une MRC/une ville» et non plus dix municipalités comme on le voit à l’heure actuelle et, alors, non plus 70 élus mais une dizaine. «Le modèle, dit-il, c’est Desjardins qui, chez nous, n’est plus qu’une seule entité: la caisse Desjardins de Mékinac-Des Chenaux».

Autrement, l’administrateur a toujours au nombre de ses regrets, celui de ne pas être parvenu à ce que se construise à la fin des années 90 un barrage, une mini-centrale, à Notre-Dame-de-Montauban qui aurait assuré pour toujours des revenus à la MRC. Enfin, l’administrateur convient qu’au cours de sa carrière, il a eu hélas à devoir dire plus souvent «non» que «oui» et à avoir été exigeant avec son personnel.

Néanmoins, Claude Beaulieu maintient qu’il faut «avoir du fun» à travailler comme il en a eu et comme il croit pouvoir en avoir à la retraite en voyageant, en faisant de la moto ainsi que du vélo… grâce au modèle «full carbone» qu’il vient de se procurer. Nous lui souhaitons une bonne retraite!