Une récolteuse pour le soyer

Un Filière de l’asclépiade dans Mékinac engagée

La récolteuse d’asclépiade « Messor ALGO » conçue à Saint-Adelphe.

On l’affirme avec raison : en seulement cinq ans, la profession de « soyerculteur » est apparue dans les campagnes du Québec et des États-Unis.

Soyerculteur? Pour cultivateur du soyer d’Amérique qu’on nomme aussi dans notre coin de pays asclépiade. Quoi qu’il en soit, grâce des agronomes, des techniciens, des biologistes, des entomologistes et autres, une base solide de régie de culture permettant de domestiquer l’asclépiade indigène, la transformant ainsi en soyer d’Amérique, a été mise au point.

Au petit groupe d’agriculteurs passionnés formant la première cohorte de la Coopérative Monark de Sainte-Thècle se greffe aujourd’hui 125 autres entreprises agricoles appliquant avec rigueur les meilleurs résultats des expériences de cultures initiées à la ferme école de Sainte-Thècle mais rapidement améliorées par le travail collectif.

L’heure des premières grandes récoltes approche. C’est avec toute cette pression visant à sécuriser l’approvisionnement à la base de la filière de la soie d’Amérique que, de différents prototypes expérimentaux de récolteuse, une technologie s’est avérée suffisamment performante pour être développée commercialement.

Grâce à l’appui financier des Caisses Desjardins de la Mauricie, par le biais du programme régional d’aide, la récolteuse d’asclépiade « Messor ALGO » peut être présentée et sera en activité aux champs de soyer en 2017.

La récolteuse d’asclépiade « Messor ALGO » conçue à Saint-Adelphe.

La récolteuse d’asclépiade « Messor ALGO » conçue à Saint-Adelphe.

« Desjardins confirme encore une fois sa présence active dans notre communauté par son soutien à ce projet collectif alliant une logique économique à une culture écologique », a souligné Daniel Allard de la Coopérative Monark de Sainte-Thècle et président du regroupement de tous les soyerculteurs et soyercultrices d’Amérique du Nord.

Le talent de l’équipe de conception des ateliers de fabrications de Machineries Roberge de Saint-Adelphe permet de rendre disponible les équipements nécessaires au soutien de l’effort de récolte de nos réussites culturales.

« C’est du génie de nos ruraux qu’est née Messor ALGO maintenant incarnée dans le métal; un outil indispensable à la réussite des membres de la Coopérative Monark à la base de l’agro-industrie de la soie d’Amérique », a encore indiqué monsieur Allard.

Des appuis politiques

Indiquons par ailleurs que lors de l’assemblée des maires de notre MRC, mercredi le 16 août , ceux-ci ont réitéré leur appui à ce qu’on appelle la Filière de l’asclépiade dans Mékinac. Ainsi, on a rappelé par exemple qu’une somme de 100 000 $ sur 3 ans avait d’ores et déjà été votée à la fin de 2015 et qu’à partir de cette somme, on pouvait maintenant accorder a) 30 000 $ au projet de deux récolteuses et b) 40 000 $ à un projet de séchage de la fibre; séchage qui s’avère essentiel, a-t-on appris, et auquel des professeurs de l’Université McGill vont contribuer.

Encore fragile

Ce qu’on a pu apprendre également, c’est qu’on a admis qu’il s’en est failli de peu que toute cette aventure s’écroule et même qu’on n’est pas sans savoir, par exemple, que l’entreprise de transformation de l’asclépiade, Encore3 est fragile financièrement, n’ayant en outre pas eu assez de matière à traiter l’an dernier.

Quoi qu’il en soit, c’est un acte de foi renouvelé qui a été fait non sans l’appui par exemple du maire de Lac-aux-Sables, Jean-Claude Tessier, qui connaît bien le domaine agricole et qui estime qu’on est en mesure en ce moment de domestiquer la plante, pour ainsi dire.

De même, les papillons monarques qui butinent les fleurs de l’asclépiade et contribuent ainsi à sa pollinisation sont de retour en grand nombre; ce qui est un excellent signe de vitalité.

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