Visite très instructive à la Ferme Hogue et Huot

(RM) On le sait, le dimanche 8 septembre dernier, l’Union des producteurs agricoles de la Mauricie soutenait l’opération « Portes ouvertes sur les fermes du Québec ».

Jocelyn Jacob, technicien agricole, et Sylvie Plamondon, vétérinaire, expliquaient leur travail.

Nous avons été enchantés de visiter la Ferme Hogue et Huot de Saint-Séverin. Rappelons que la ferme Hogue et Huot est la concrétisation du rêve commun de Ghislain Hogue et Annie Huot.

C’est une ferme en démarrage; le couple en a fait l’acquisition (terres et bâtiments) en 2013. D’abord ferme maraîchère, ils ont entamé un changement de cap en 2015, en entreprenant la production de poulets de grains, de porcs en pâturage et de bœufs Galloway nourris à l’herbe.

La ferme Hogue et Huot, c’est aussi de l’autocueillette de camerises, de la production d’asperges.

Nous avons pu constater que les propriétaires ont à cœur le bien-être de leurs animaux et favorisent des pratiques empreintes de préoccupations écologiques.

Par exemple, il y a un petit cours d’eau qui passe sur cette vaste propriété. Eh bien, on y a réalisé ce qu’on appelle un « bande riveraine de protection »; c’est-à-dire qu’on y a laissé croître tout du long une végétation abondante.

Que permet une bande riveraine de protection? Elle a pour avantage, par exemple, de minimiser la perte de sol vers les cours d’eau; d’améliorer la qualité de l’eau en filtrant ni plus ni moins les pesticides et les fertilisants; de même, en procurant de l’ombre, la végétation permet d’abaisser la température de l’eau ou, du moins, de restreindre son réchauffement. De même, une bande riveraine de protection a pour effet de ralentir le débit de l’eau provenant des champs aux alentours en améliorant son infiltration, en favorisant la sédimentation des particules déplacées, en retenant les nutriments et en procurant un habitat de qualité à la faune et à la flore.

Qui plus est, cette bande permet d’augmenter les rendements agricoles grâce à l’effet brise-vent ; elle favorise la présence des polinisateurs; réduit les coûts de gestion phytosanitaires; c’est-à-dire ces opérations qu’on peut être obligé de faire pour s’attaquer par exemple à une prolifération d’insectes. On énumère aussi ces avantages que sont 1) l’accroissement de la présence d’insectes bénéfiques dont les prédateurs des ennemis des cultures 2) l’embellissement et la bonification de l’environnement 3) la réduction des coûts d’entretien des cours d’eau 4) un meilleur usage, en fin de compte, d’une section à faible potentiel de rendement dans un champ en culture et 5) le respect de la règlementation.

Par ailleurs, il nous a été donné de croiser la vétérinaire Sylvie Plamondon. Celle-ci a résumé pour nous le rôle des vétérinaires : a) la prévention des maladies; b) contribuer aux objectifs d’élevage; c) offrir des conseils de biosécurité et d) proposer des conseils en bien-être animal.

Bien-être animal? À cet égard, Jocelyne Jacob, technicien agricole a exposé les qualités d’un bon corral, d’un bon enclos : 1) être sécuritaire pour les animaux; 2) être sécuritaire pour les manipulateurs des animaux; 3) contribuer à ce qu’il y ait le moins de stress possible pour les animaux et 4) faciliter les manipulations et donc le passage des animaux d’un endroit à l’autre.

L’un des secrets à cet égard est de manipuler les bêtes « en troupeau ».

Jocelyn Jacob nous a parlé de Mary Temple Grandin, une dame née à Boston en 1947 qui était autiste et qui a œuvré à mieux comprendre le comportement bovin et ainsi à l’améliorer. Il y a un téléfilm américain en 2010 qui été fait à son sujet intitulé Temple Grandin et qui révèle les améliorations apportées aux conditions d’abattage des bœufs.

De plus, on l’a dit : on fait pousser des camerises à cette ferme. Lors de deux premières années de croissance des plans, ceux-ci doivent être alimentés continuellement d’eau. De sorte, des canalisations doivent être créées. Les camerises quand elles sont mûres font les délices des oiseaux; alors, il faut couvrir les plans de filets. Les camerises sont des fruits succulents qui s’apparentent aux bleuets; elles ont des propriétés antioxydants indéniables.

Sachez qu’on a compté 2 150 personnes qui ont, en Mauricie, répondu à l’invitation des producteurs agricoles. Les visiteurs ont pu, outre la Ferme Hogue et Huot de Saint-Sévérin, découvrir cette année les installations de la pépinière de Grand’Pré à Louiseville, la Ferme Éthier les Fruits soleils à Saint-Étienne-des-Grès, la Ferme Nouvelle-France à Sainte-Angèle-de-Prémont ainsi que la Ferme Apicole Mékinac d’Hérouxville.

On a parlé avec raison d’une importante vitrine sur le savoir-faire de nos agriculteurs. C’était une formidable occasion, en outre, pour les enfants de découvrir d’où viennent les aliments qu’ils consomment. Enfin, il s’agissait également de valoriser le travail des producteurs agricoles.

« Plus que jamais, l’alimentation est au coeur des préoccupations de la population. Encore cette année, des milliers de Mauriciens ont pu constater de bonnes pratiques environnementales et de bienêtre animal qui font la fierté de nos producteurs », a résumé le président de l’UPA Mauricie, Jean-Marie Giguère.