Victimes du Réservoir Gouin

Si c’est en 1915 que se construit le barrage de Grand-Mère et qu’en conséquence, non loin d’ici, la municipalité de Grandes-Piles d’origine est inondée, saviez-vous qu’en Haute-Mauricie en 1918, le village atikamekw d’Opitciwan se voyait, lui, brutalement déplacé afin de réaliser le Réservoir Gouin ?

L’anthropologue et professeur à l’Université de Sherbrooke, Claude Gélinas.

Brutalement ? À ce point qu’en vertu de revendications admises par le gouvernement fédéral en 2016, on se prépare en ce moment à établir le montant d’argent qui sera remis en compensation à ce village au cours des années qui viennent.

C’est ce qu’est venu raconter l’autre jour l’anthropologue et professeur à l’Université de Sherbrooke, Claude Gélinas, devant les membres de l’association des Diplômés universitaires aînés (DUA) réunis à Trois-Rivières.

Il faut savoir que monsieur Gélinas est mêlé au dossier depuis un bon bout de temps ayant œuvré avec les Atikamekw à constituer cette histoire et maintenant impliqué avec eux à établir la somme d’argent qu’on touchera du fédéral au milieu d’une négociation singulière.

C’est ainsi que l’auditoire a pu entendre le récit de la maltraitance (pour user d’un terme sans équivoque) dont a été victime le petit village de quelque 40 familles, environ 200 personnes qui vivaient alors de la pêche, de la chasse, du piégeage, de la cueillette et du commerce des fourrures.

Ni alors la Commission des eaux courantes, ni la Compagnie hydraulique du Saint-Maurice n’ont fait trop de cas du petit village complètement inondé en l’espace de deux ans par l’immense réservoir qui a vu l’eau monter de pas moins de 28 pieds.

En fait, c’est tout l’environnement de ses habitants qui a été ainsi modifié, l’étendue d’eau faisant disparaître lacs et cours d’eau et se trouvant à devenir, par-dessus le marché, peu à peu contaminée notamment par les cadavres des bêtes qui en furent victimes.

Aujourd’hui on se casse la tête à évaluer le plus justement possible cette perte totale de repères pour les habitants de ce petit village qui furent dans l’obligation de s’adapter à tous les points de vue.

C’est Raymond Aron qui disait: «Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font»

Notons qu’il est possible pour tous les gens de la région d’assister aux conférences présentées par l’association des Diplômés universitaires aînés (DUA). On se renseigne auprès de la trésorière, Janine Bellerive Lebel au 819 375-5894.

Par Réjean Martin

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